{"id":351,"date":"2013-06-30T15:04:19","date_gmt":"2013-06-30T14:04:19","guid":{"rendered":"http:\/\/perspectiv.org\/vudici\/?p=351"},"modified":"2018-11-21T14:42:16","modified_gmt":"2018-11-21T13:42:16","slug":"rencontres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/perspectiv.org\/vudici\/rencontres\/","title":{"rendered":"Rencontres"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Sur la mythique avenue Unter den Linden, \u00e0 Berlin, se trouve un m\u00e9morial d\u00e9di\u00e9 \u00ab\u00a0aux victimes de la guerre et de la tyrannie\u00a0\u00bb : die Neue Wache (la nouvelle garde). Ce b\u00e2timent \u00e0 l&rsquo;allure martiale, construit par l&rsquo;architecte allemand <b>Karl Friedrich Schinkel,<\/b>&nbsp;a connu au cours du 20\u00e8me si\u00e8cle une \u00e9volution s\u00e9mantique de sa vocation qui traduit bien, je trouve, les vicissitudes de ce 20\u00e8me si\u00e8cle. Poste de garde au moment de son \u00e9rection (1818), et fonction \u00e0 laquelle il doit \u00e9videmment son nom, il devient en 1960 sous le r\u00e9gime de l&rsquo;Allemagne de l&rsquo;Est un m\u00e9morial d\u00e9di\u00e9 \u00ab\u00a0aux victimes du fascisme et du militarisme\u00a0\u00bb, puis, en 1993 apr\u00e8s la r\u00e9unification, acquiert sa destination actuelle.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Neue Wache ne faisait pas partie du programme de visite que nous avions pr\u00e9par\u00e9 : nous avions mang\u00e9 dans une brasserie du haut de l&rsquo;avenue et nous dirigions vers l&rsquo;\u00eele des Mus\u00e9es. Nous avons alors remarqu\u00e9 cet imposant b\u00e2timent, compris qu&rsquo;il se visitait librement. Nous n&rsquo;avons pas ouvert notre guide, avons suivi le mouvement par curiosit\u00e9. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas une foule compacte, ce qui nous aurait certainement fait fuir, mais quelques passants qui p\u00e9n\u00e9traient dans ce lieu. Le soleil \u00e9tait \u00e0 son z\u00e9nith, et le contraste fort avec la p\u00e9nombre qui r\u00e9gnait \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur nous obligea \u00e0 un peu de patience, le temps que notre vue s&rsquo;accoutume.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l&rsquo;int\u00e9rieur de ce symbole du classicisme allemand, nous nous trouvions dans une immense salle vide \u00e0 l&rsquo;exception d&rsquo;une statue et d&rsquo;une gerbe de fleurs. Un puits de lumi\u00e8re \u00e9clairait faiblement la salle. Les personnes pr\u00e9sentes n&rsquo;\u00e9taient pas nombreuses, 5 \u00e0 6 au maximum selon les souvenirs que j&rsquo;en ai.&nbsp;Dans cette salle, une double surprise nous attendait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re fut celle de rencontrer, pour la troisi\u00e8me fois de notre s\u00e9jour pourtant bref dans la capitale allemande, une connaissance fran\u00e7aise. Nous en avons alors d\u00e9finitivement d\u00e9duit que Berlin n&rsquo;\u00e9tait pas faite pour les escapades amoureuses adult\u00e9rines ! Nous n&rsquo;\u00e9tions pas concern\u00e9s, je vous rassure, mais ce fut la r\u00e9flexion que nous nous sommes faits, en m\u00eame temps, quelques instants apr\u00e8s avoir salu\u00e9 notre amie. Il faut dire qu&rsquo;en descendant du tram, le soir de notre arriv\u00e9e et alors que nous nous dirigions vers notre h\u00f4tel, nous avions d\u00e9j\u00e0 crois\u00e9 un autre coll\u00e8gue !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La seconde fut celle de cette statue. Nous ne savions pas o\u00f9 nous \u00e9tions, n&rsquo;avions pas encore cherch\u00e9 dans notre guide. Nous nous sommes laiss\u00e9s emporter par le silence et l&rsquo;\u00e9motion. Il y avait, me semble-t-il mais je n&rsquo;en suis plus certain aujourd&rsquo;hui, un espace pour s&rsquo;asseoir et m\u00e9diter. Je m&rsquo;y suis install\u00e9. J&rsquo;ai port\u00e9 l&rsquo;appareil \u00e0 l&rsquo;oeil, attendu que personne ne se trouve dans le champ. Nous nous retrouv\u00e2mes un moment uniquement tous les deux dans cette salle, j&rsquo;ai pris plusieurs clich\u00e9s avant que de nouvelles personnes arrivent. Marie m&rsquo;a rejoint et nous avons ouvert notre guide :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les oeuvres de Kathe Kollwitz, souvent d\u00e9chirantes, sont profond\u00e9ment marqu\u00e9es par la d\u00e9tresse ouvri\u00e8re et le chagrin maternel. L&rsquo;artiste a en effet perdu un fils lors de la Premi\u00e8re Guerre mondiale et un petit-fils lors de la Seconde. Sa magnifique piet\u00e0 en bronze (<i>La M\u00e8re et son fils mort)<\/i> expos\u00e9e dans le nouveau corps de garde en t\u00e9moigne douloureusement.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous sommes rest\u00e9s encore quelques moments dans cette salle. Nous nous sommes lev\u00e9s et avons poursuivi notre visite d&rsquo;une ville qui rec\u00e8le de nombreux endroits de <a title=\"Hommage\" href=\"https:\/\/perspectiv.org\/vudici\/hommage\/\">recueillement<\/a>&nbsp;dont&nbsp;je ferai, je pense, une s\u00e9rie prochainement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur la mythique avenue Unter den Linden, \u00e0 Berlin, se trouve un m\u00e9morial d\u00e9di\u00e9 \u00ab\u00a0aux victimes de la guerre et de la tyrannie\u00a0\u00bb : die Neue Wache (la nouvelle garde). 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