De cire et de pierre

J’ai toujours aimé les églises, et autres lieux saints. Longtemps, je me suis posé la question de cette attirance pour ces endroits où ce n’est nullement par conviction religieuse que j’entre avec plaisir. Fréquemment, j’ai pensé que c’était en raison du silence qui y règne ; ou encore ce contraste saisissant entre le vacarme de la ville, et une fois les portes passées, le calme majestueux fait de chuchotements et de bruits feutrés. Aujourd’hui, avec un peu de recul, et certainement par tropisme photographique, je me dis que c’est certainement à cause des lumières qu’on y trouve, de ces contrastes, non plus sonores mais lumineux, de ces jaillissements de couleur sur des murs de pierres de taille,  de ces mosaïques de faïence patiemment agencées, de ces cierges qui renvoient ombres et reflets sur les objets sacrés.

Ce jour-là ne fit pas exception. Nous étions en promenade avec les enfants et nous sommes passés devant la cathédrale Saint-Etienne. Nous entrâmes, les enfants devant, toujours curieux de ces lieux et si ce n’est d’une rencontre avec la foi certainement d’un nouveau terrain de jeu à explorer dans le silence et le respect.

Nous venions de longer la nef, avions déjà contourné le choeur et j’avais déjà fait pas mal de photos quand tout à coup je suis attiré par ces 2 bougies, ce pilier et ces traces de polychromie. Jeanne est là, elle voit bien que je regarde avec intérêt, je réfléchis à une composition dans laquelle elle prendrait toute sa part. Mais elle est déjà partie, là-bas au loin. Il me reste ce pilier, ces bougies et dans le flou une enfant qui s’éloigne. Je déclenche quand me reviennent alors en tête les paroles de Claudel sur sa conversion :

J’étais debout, près du deuxième pilier, à droite, du côté de la sacristie. Les enfants de la maîtrise étaient en train de chanter ce que je sus plus tard être le Magnificat. En un instant mon cœur fut touché et je crus.

Paul Claudel

Contacts et circonstances, Œuvres en Prose

Alors je sus que, de toutes les photos prises cet après-midi là, c’est celle-ci que je garderai.

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